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dimanche 29 septembre 2013

La Ballade de Lila K - Blandine Le Callet

« Plusieurs fois, elle a cligné des yeux. Chaque battement de paupières était comme un baiser. Je t’aime. Je t’aime. Je t’aime. Et elle m’a souri, derrière le bâillon. »

« Sédation, ça veut dire injections d’anxiolytiques, sangles, et musique douce pour enrober le tout d’un peu d’humanité. »

« J’avais peur pour elle, et c’était encore pire que les hélicoptères. A partir de là, je me suis tenue à carreau. Dès que j’entendais au loin le bourdonnement sourd des gros frelons trapus, et leurs lourdes pales hachant l’air, je me bouchais les oreilles, et je me mordais la lèvre tout en fermant les yeux. »

« Je me souviens, l’orthophoniste avait mauvaise haleine, un chat mort dans la gorge. Dès le départ, ça a nui à nos relations. Lorsqu’elle ouvrait la bouche, elle m’envoyait ses miasmes en plein visage, et je devais serrer les lèvres pour bloquer les spasmes qui me retournaient l’estomac. »

« La culpabilité, il n’y a que ça de vrai. Arrangez-vous pour que les autres se sentent toujours un peu coupables à votre égard, et vous en obtiendrez tout ce que vous voulez. »

« Souvent, il s’amusait à mélanger les langues – il en parlait couramment une quinzaine et en était très fier. Evidemment, je ne comprenais pas tout. »

« J’appréciais beaucoup mes professeurs – c’est tellement plus facile d’aimer les gens de loin, tellement plus confortable. Aucun problème de contact fortuit ou de mauvaise haleine. Le paradis. »

« Le jour de mes neuf ans, M. Kauffmann m’a offert un kaléidoscope, pour voir tout en beau, même quand tout est très moche. »

« Je retenais sans peine. J’ai toujours été très spongieuse. »

« Les poèmes fleurissaient dans mon crâne avec mes émotions, et même dans plusieurs langues, car M. Kauffmann tenait mordicus à ce que je sois polyglotte. »

« Il a concédé que son amour de la langue l’avait sans doute entraîné trop loin dans l’apprentissage du vocabulaire. »

« Alors, qu’on n’aille pas me raconter des salades avec les bébés phoques, la Vénus de Milo ou la forêt d’émeraude. »

« Ex libris veritas, fillette. Le vérité sort des livres. »

« Je me moquais un peu du contenu des livres. Ce que je recherchais, surtout, c’est le pouvoir qu’ils m’accordaient. J’arrivais grâce à eux à m’abstraire de ma vie. J’oubliais le Centre, sa routine et son lot de contraintes épuisantes. J’oubliais qu’on m’avait confisqué ma maman. J’étais d’ailleurs, loin du monde, loin de moi. C’est parfois reposant de se perdre de vue. »

« En un mot, il meublait le silence. »

« Ils sont venus l’arrêter chez lui le 3 novembre. »

« Le traître essayait maintenant de se poser en bon Samaritain. Il y a des claques qui se perdent, je vous jure. »

« Certaines légendes anciennes prétendent que les dieux ne peuvent pas supporter le bonheur des mortels. Ils le trouvent obscène, bruyant, et tellement insultant pour tous les malheureux. Non, les dieux n’aiment pas les gens heureux. Pour les faire taire, ils inventent des malheurs terribles qui leur font à jamais passer le goût de vivre. Ce sont des légendes, bien sûr, des contes d’un autre âge. Les dieux n’existent pas. Pourtant, quand je vois ce qui est arrivé à Lucienne et Fernand, je me demande parfois s’il ne faudrait pas y croire. »

« Atrophie des avant-bras. Ce n’était la faute de personne, seulement la faute à pas de chance. »

« Denrée de luxe, trop risquée pour les cœurs malmenés. »

« J’ai souri à mon tour, puis j’ai refermé la porte comme on tourne une page. »

« -Mais non Lila ! Ce n’est pas si étonnant qu’on te regarde. Tu es une personne remarquable.
-Comment ça, remarquable ?
Je l’ai vu hésiter un moment, légèrement s’empourprer.
-Tu attires les regards, Lila, parce que tu es… enfin… ce qu’on appelle une beauté.
-Fernand, vous êtes sérieux ?
-Est-ce que j’ai l’habitude de plaisanter ?
-C’est vrai, j’oubliais. Donc, vous êtes sérieux.
Il a hoché la tête, puis il a murmuré, sans me regarder :
-Tu es devenue une très belle jeune femme, Lila. C’est… c’est normal qu’on te regarde.
-Mais pourquoi vous ne m’avez pas avertie ?
Il a eu un petit rire.
-Les gens n’ont pas besoin qu’on le leur dise, d’habitude. Ils s’en aperçoivent tout seuls.
-Fernand, ai-je fait affolée, comment je vais m’en sortir, si les gens me dévisagent comme ça, tout le temps ?
-Oh là, pas de panique. Ce n’est tout de même pas un drame ! Continue de porter des tenues sobres et couvrantes, comme je te l’ai conseillé. Reste discrète. Et surtout, Lila, surtout, a-t-il ajouté en martelant ses mots, évite autant que possible de croiser le regard des hommes. »

« C’est pour cela aussi que j’aimais Justinien. Pour la surprise de ces petits miracles qui jaillissaient sans crier gare de son crâne cabossé. »

« On passe sa vie à construire des barrières au-delà desquelles on s’interdit d’aller : derrière, il y a tous les monstres que l’on s’est créés. On les croit terribles, invincibles, mais ce n’est pas vrai. Dès qu’on trouve le courage de les affronter, ils se révèlent bien plus faibles qu’on ne l’imaginait. Ils perdent consistance, s’évaporent peu à peu. Au point qu’on se demande, pour finir, s’ils existaient vraiment. »

« On était fin septembre, il faisait encore chaud. »

« Le bar s’appelait l’Anatolie. »

« Elle avait ce rêve pour moi, pour moi dont la venue lui avait coupé les ailes. »

« Mais surtout, je pensais que mes mots possédaient un pouvoir : celui de vous protéger. Tant que quelqu’un vous parle, quelque part, vous écrit, vous ne pouvez pas mourir. Vous êtes encore au monde ; vous lui appartenez. J’en étais persuadée, Milo, c’est pour cela que je suis allée jusqu’au bout : vous dire mon histoire, mais surtout, vous garder vivant. »

La Ballade de Lila K – Blandine Le Callet

mercredi 18 septembre 2013

Demain j'arrête - Gilles Legardinier

« Je ne sais pas pourquoi, mais son visage m’a instantanément fait penser à une tête d’écureuil. Des petits yeux noirs rigolos, un nez qui gigote et des dents à faire éclater des noix. Bonjour la tronche du messager du destin. »

« Je vais vous raconter le truc le plus stupide que j’aie fait de toute ma vie. »

« Il fait déjà chaud, le bitume colle et le prix de la bouteille d’eau est indexé sur le baril de pétrole. »

« Je ne sais pas d’où vient le sursaut d’énergie qui vous permet de sourire à ce genre de blague alors que vous avez simplement envie de pleurer. C’est sans doute la même force que celle qui vous empêche de flanquer une grande baffe à votre amie pour son humour si douloureux. »

« Après, il y a eu la dégustation de cookies brûlés. Si un jour j’ai un cancer, je saurai d’où ça vient. »

« -C’est presque une chance que Didier soir parti. Ce n’était pas un homme pour toi. Il aura toujours dix ans dans sa tête et tu l’aurais eu à charge toute ta vie. Notez bien que si vous remplacez « Didier » par « Donovan » et que vous ajoutez « il n’en voulait qu’à ta fortune » à la fin, on dirait le dialogue d’une série américaine. »

« J’admire ceux qui partent découvrir le monde, ceux qui font leur valise pour vivre un an au Chili, celles qui épousent un Australien, ceux qui prennent un billet d’avion et qui verront sur place. »

« Il bouge ses mains comme un candidat à la présidentielle qui passe à la télé. Dommage pour lui, il a un poil qui lui sort du nez et c’est tout ce que je vois. Tout ce gel, ces jolis vêtements achetés en solde sur Internet, cette montre qui n’est qu’une imitation, et vous voilà pourtant réduit à un simple poil disgracieux. »

« J’ai préféré l’imaginer inconscient, la joue cramoisie et la tête en biais, explosé dans son fauteuil comme un mannequin de la Sécurité routière après un impact à 130 km/h contre un container rempli de fers à repasser. Pour la première fois, un calme harmonieux a flotté dans nos locaux. Quelque chose a changé ce jour-là, à l’agence et en moi. »

« Les gens sont beaux quand ils font ce qu’ils aiment. »

« A cette seconde, si j’avais été en train de passer un électrocardiogramme, l y aurait eu un grand trait en travers de l’écran. »

« C’est trop bien les mecs, ça ne remarque rien. »

« ‘A bientôt’ : quelle expression détestable. Pour moi qui panique à l’idée de perdre les gens, ces simples mots sont une horreur. Ils signifient que l’on ne sait pas quand on se reverra. On accepte que le hasard décide. »

« Mais t’es complètement folle ! Boulangère ! Franchement Julie, l’autre soir tu étais déjà bizarre mais là, c’est le pompon. Ton treizième mois, tes vacances, ta mutuelle, tu y as pensé ? Tu vas bosser le jour de Noël et à chaque fois que les autres feront la fête. Et puis bonjour la stimulation intellectuelle ! »

« Je crois entendre un bruit, peut-être la mâchoire de Sophie qui est tombée sur son parquet. »

« Comment un homme qui caresse les tôles comme les cheveux d’une femme peut-il vous sortir des phrases que même un auteur romantique du XIXe siècle aurait eu du mal à écrire ? Je suis retournée. »

« Papa observe Ric. Il n’a pas l’air de lui déplaire. Je trouve toujours amusant le moment où le jeune mâle rencontre le plus ancien. Ils se jaugent, se reniflent. Sans doute se demandent-ils s’ils auraient pu devenir amis sans l’écart d’âge. J’ai parfois observé ce rite de passage. Le prétendant rencontre le père de la belle. Se déroule alors un examen secret, une épreuve non dite, dont nous les filles sommes toujours l’enjeu. Des millénaires de civilisation pour avoir l’impression de se retrouver au fond d’une grotte préhistorique devant des hommes qui vous négocient comme à la foire. »

« Les gens qui dorment ont toujours quelque chose d’émouvant. Ils sont vulnérables. Comme partis ailleurs, ils vous confient en quelque sorte leur corps. »

« Je crois pouvoir officiellement annoncer sans aucune vantardise qu’en ce moment il recherche ma compagnie. Trompettes, coups de canon, lâchers de colombes. Merci de ne pas libérer les volatiles avant les tirs de canon parce que ça serait un carnage. »

« Elle a ce port de menton, cette noblesse de visage et cette assurance dans le regard acquise en vendant plus de deux millions de baguettes et autant de croissants à n’importe qui. »

Demain j’arrête – Gilles Legardinier

dimanche 15 septembre 2013

Comme des larmes sous la pluie - Véronique Biefnot


« Pour Naëlle, aujourd’hui était un jour bleu, et elle ne remarquait pas le regard de ces hommes ; plongée dans sa lecture, le reste du monde n’existait plus ! »

« Debout, elle était encore plus spectaculaire. Au boulot, ils l’appellaient « la gazelle » ; eux faisaient référence à sa taille élevée, à la gracieuse lenteur de ses mouvements, à ses yeux en amande, si grands et presque toujours baissés »

« elle ne faisait rien pour se fondre dans la masse, pour paraître plus ordinaire. Elle aurait pu renoncer aux talons hauts mais elle appréciait la jolie cambrure qu’ils donnaient à ses jambes, elle aurait pus couper ses longs cheveux, mais elle aimait les sentir caresser sa taille au moindre mouvement, elle aurait aussi pu cesser de les décolorer, mais ce blond léger, enfantin la rassurait. »

« j’adore lire, alors le métro, c’est idéal »

« Pour échapper à la promiscuité du métro qu’elle supportait parfois difficilement, Naëlle se mit à lire, debout, adossée à la paroi métallique. Depuis des années, elle avait développé cette faculté d’échapper à la réalité grâce à la lecture ; ses compagnons de voyage couchés sur le papier étaient bien différents de ceux qu’elle côtoyaient chaque jour avec leurs odeurs, leur présence envahissante, leurs regards insistants. »

« Durant son adolescence, sa timidité et son mutisme n’avaient pas incité ses professeurs à la stimuler. Sa scolarité s’était donc limité à un graduat technique. Seule, avec avidité, elle avait dévoré tous les livres qui lui tombaient sous la main, ceux de l’institut puis, rapidement, tous ceux de la petite bibliothèque communale où on lui permettait d’accéder une fois par semaine. »

« Aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours eu un livre sous la main : enfant, ça me permettait d’échapper au monde que les adultes m’imposaient, de vivre des aventures extraordinaires par procuration, et aujourd’hui, c’est comme un sas entre la vie réelle et le monde des rêves. »

« tes cheveux blonds, traîtresse, filets de lune emprisonnant mon âme »

« Pastel, légère, telle une ombre peinte par Leonor Fini, elle passa la porte. »

« On relève davantage de traces de cette anomalie, comme vous le dites, dans certaines régions de Turquie et du bassin méditerranéen, mais c’est peut-être purement culturel ou lié à un passé chargé de légendes et de mythologie où les androgynes sont omniprésents, d’où une plus grande facilité à admettre leur existence. »

Comme des larmes sous la pluie – Véronique Biefnot

mardi 27 août 2013

Mrs Dalloway - Virginia Woolf


« like the flap of a wave ; the kiss of a wave »

« before Big Ben strikes. There ! Out it boomed. First a warning, musical ; then the hour, irrevocable. The leaden circles dissolved in the air. »

« in the triumph and th jingle and the strange high singing of som aeroplane overhead was what she loved ; life ; London ; this moment of June. »

« she always felt a little skimpy beside Hugh ; schoolgirlish ; but attached to him »

« he could be intolerable ; he could be impossible ; but adorable to walk with on a morning like this. »

« It was the state of the world that interested him ; Wagner, Pope’s poetry, people’s characters eternally, and the defects of her own soul. »

« For in marriage a little licence, a little independence there must be between people living together day in day out in the same house ; which Richard gave her, and she him. »

« he had married a woman met on the boat going to India ! »

« She felt very young ; at the same time unspeakably aged. She sliced like a knife through everything ; at the same time was outside, looking on. »

« Her only gift was knowing people almost by instinct. »

« she would have been, in the first place, dark like Lady Bexborough, with a skin of crumpled leather and beautiful eyes. She would have been, like Lady Bexborough, slow and stately ; rather large ; interested in politics like a man ; with a country house ; very dignified, very sincere. »

« She had the oddest sense of being herself invisible ; unseen ; unknown »

« And her old Uncle William used to say a lady is known by her shoes and her gloves. »

« girls in muslin frocks came out to pick sweet peas and roses after the superb summer’s day, with its almost blue-black sky, its delphiniums, its carnations, its arum lilies, was over ; and it was the moment between six and seven when every flower – roses, carnations, irises, lilac – glows ; white, violet, red, deep orange ; every flower seems to burn by itself, softly, purely in the misty beds ; and how she loved the grey white moths spinning in and out, over the cherry pie, over the evening primroses ! »

« the spirit of religion was abroad with her eyes bandaged tight and her lips gaping wide. »

« The world has raised its whip ; where will it descend ? »

« greatness was passing, hidden, down Bond Street, removed only by a hand’s-breadth from ordinary people »

« bones with a few wedding rings mixed up in their dust »

« Sounds made harmonies with premeditation ; the spaces between them were as significant as the sounds. A child cried. Rightly far away a horn sounded. All taken together meant the birth of a new religion »

« To love makes one solitary, she thought »

« He was selfish. So men are. »

« at midnight, when all boundaries are lost, the country reverts to its ancient shape, as the Romans saw it, lying cloudy, when they landed, and the hills had no names and rivers wound they knew not where – such was her darkness »

« Lovely in girlhood, suddenly there came a moment – for example on the river beneath the woods at Clieveden – when, through some contraction of this cold spirit, she had failed him. And then at Constantinople, and again and again. »

« It was an extraordinary beauty of the kind she most admired, dark, large-eyed, with that quality which, since she hadn’t got it herself, she always envied – a sort of abandonment, as if she could say anything, do anything ; a quality much commoner in foreigners than in Englishwomen. Sally always said she had French blood in her veins, and ancestor had been with Marie Antoinette, had his head cut off, left a ruby ring. »

« They meant to found a society to abolish provate property, and actually had a letter written, though not sent out. The ideas were Sally’s of course – but very soon she was just as excited – read Plato in bed before breakfast, read Morris ; read Shelley by the hour. »

« they spoke of marriage always as a catastrophe »

« That was her feeling – Othello’s feeling, and she felt it, she was convinced, as strongly as Shakespeare meant Othello to feel it, all because she was coming down to dinner in a white frock to meet Sally Seton ! »

« She stood by the fireplace talking, in that beautiful voice which made everything she said sound like a caress »

« A book was sentimental ; an attitude to life sentimental. »

« Strange, she thought, pausing on the landing, and assembling that diamond shape, that single person, strange how a mistress knows the very moment, the very temper of her house ! Faint sounds rose in spirals up the well of the stairs ; the swish of a mop ; tapping ; knocking ; a loudness when the front door opened ; a voice repeating a message in the basement ; the chink of silver on a tray ; clean silver for the party. All was for the party. »

« there’s nothing in the world so bad for some women as marriage, he thought ; and politics ; and having a Conservative husband, like the admirable Richard. »

« Of course I did, thought Peter ; it almost broke my heart too, he thought ; and was overcome with his own grief, which rose like a moon looked at from a terrace, ghastly beautiful with light from the sunken day. »

« Take me with you, Clarissa thought impulsively, as if he were starting directly upon some great voyage ; and then, next moment, it was as if the five acts of a play that had been very exciting and moving were now over and she had lived a lifetime in them and had run away, had lived with Peter, and it was now over. »

« The way she said « Here is my Elizabeth ! » - that annoyed him. Why not « Here’s Elizabeth » simply ? It was insincere. And Elizabeth didn’t like it either. »

« As a cloud crosses the sun, silence falls on London ; and falls on the mind. »

« Still the future of civilisation lies, he thought, in the hands of young men liek that ; of young men such as he was, thirty years ago ; with their love of abstract principles ; getting books sent out to them all the way from London to a peak in the Himalayas ; reading science ; reading philosophy. The future lies in the hands of young men like that, he thought. »

« It was a splendid morning too. Like the pulse of a perfect heart, life struck straight through the streets. »

« women live much more in the past thant we do, he thought. They attach themselves to places ; and their fathers – a woman’s always prouf of her father. »

« Everyone gives up something when they marry. »

« Never had he seen London look so enchanting – the softness of the distances ; the richness ; the greenness ; the civilisation, after India, he thought, strolling across the grass. »

« She was one of those obscure mouse-like little women who admire big men. »

« With twice his wits, she had to see things through his eyes – one of the tragedies of married life. »

« jealousy which survives every other passion of mankind »

« But women, he thought, shutting his pocket-knife, don’t know what passion is. The don’t know the meaning of it to men. »

« ‘The English are so silent,’ Rezia said. She liked it, she said. She respected these Englishmen, and wanted to see London, and the English horses, and the tailor-made suits, and could remember hearing how wonderful the shops were, from an aunt who had married and lived in Soho. »

« For the truth is (let her ignore it) that human beings have neither kindness, nor faith, nor charity beyond what serves to increase the pleasure of the moment. »

« there was in Sir William, who had never had time for reading, a grudge, deeply buried, against cultivated people who came into his room and intimated that doctors, whose profession is a constant strain upon all the highest faculties, are not educated men. »

« He brushed surfaces ; the dead languages, the living, life in Constantinople, Paris, Rome ; riding, shooting, tennis, it had been once. »

« He had been afloat on the cream of English society. »

« He was made of much finer material »

« Lady Bruton had the reputation of being more interested in politics than people ; of talking like a man »

« She sighed, she snored, not that she was asleep, only drowsy and heavy, drowsy and heavy, like a field of clover in the sunshine this hot June day, with the bees going rounf and about and the yellow butterflies. »

« Power was hers, position, income. She had lived in the forefront of her time. She had had good friends ; known the ablest men of her day. Murmuring London flowed up to her, and her hand, lying on the sofa back, curled upon some imaginary baton such as her grandfathers might have held, holding which she seemed, drowsy and heavy, to be commanding battalions marching to Canada, and those good fellows walking across London, that errtitory of theirs, that little bit of carpet, Mayfair. »

« as a single spider’s thread is blotted with rain-drops, and, burdened, sags down. So she slept. »

« And as a single spider’s thread after wavering here and there attaches itself to the point of a leaf, so Richard’s mind, recovering from its lethargy, set now on his wife, Clarissa, whom Peter Walsh had loved so passionately ; and Richard had had a sudden vision of her there at luncheon ; of himself and Clarissa ; of their life together »

« Bearing his flowers like a weapon »

« It was a great age in which to have lived. Indeed, hiw own life was a miracle ; let him make no mistake about it ; here he was, in the prime of life, walking to his house in Westminster to tell Clarissa that he loved her. Happiness is this, he thought. »

« Big Ben was beginning to strike, first the warning, musical ; then the hour, irrevocable. »

« She cared much more for her roses thant for the Armenians. »

« She muddled Armenians and Turks ; loved success ; hated discomfort ; must be liked ; talked oceans of nonsense : and to this day, ask her what the Equator was, and shed id not know. »

« Elizabeth, on the contrary, was dark : had Chinese eyes in a pale face ; an Oriental mytery ; was gentle, considerate, still. As a child, she had had a perfect sense of humour ; but now at seventeen, why, Clarissa could not in the least understand, she had become very serious ; like a hyacinth sheathed in glossy green, with buds just tinted, a hyacinth which has had no sun. »

« Her sigh was tender and enchanting, like the wind outside a wood in the evening. »

« When she sewed, he thought, she made a sound like a kettle on the hob ; bubbling, murmuring, always busy, her strong little pointed fingers pinching and poking, her needle flashing straight. »

« That was civilisation. It struck him coming back from the East – the efficiency, the organisation, the communal spirit of London. Every cart or carriage of its own accord drew aside to let the ambulance pass. Perhaps it was morbid ; or was it not touching rather, the respect which they showed this ambulancewith its victim inside »

« he was bookish »

« She belonged to a different age »

« They just went on talking, yeti t was perfectly plain that they all knew, felt to the marrow of their bones, this majesty passing ; this symbol of what they all stood for, English society. »

« For he liked nothing better than doing kindnesses, making the hearts of old ladies palpitate with the joy of being though of in their age »

« To be not English even among the dead – no, no ! Impossible ! »

« and what was the other thing – plants, hydrangeas, syringas, very very rare hibiscus lilies that never grow north of the Suez Canal »

« She was like a lily, Sally said, a lily by the side of a pool. »

« What does the brain matter,’ said Lady Rosseter, getting up, ‘compared with the heart ?’
‘I will come,’ said Peter, but he sat on for a moment. What is this terror ? what is this ecstasy ? he thought to himself. What is it that fills me with extraordinary excitement ?
It is Clarissa, he said.
For there she was. »

Mrs Dalloway – Virginia Woolf

dimanche 25 août 2013

Les Entretiens de Confucius - Confucius

« N’est-ce pas une joie d’étudier, puis, le moment venu, de mettre en pratique ce que l’on a appris ? N’est-ce pas un bonheur d’avoir des amis qui viennent de loin ? Et n’est-il pas un honnête homme celui qui, ignoré du monde, n’en conçoit nul dépit ? »

« La piété filiale et le respect des aînés sont les racines mêmes de l’humanité. »

« Quand ses devoirs lui en laissent le loisir, qu’il étudie les belles-lettres. »

« Un homme de qualité qui mange avec modération, qui n’exige nul confort dans son logement, qui se montre diligent aux affaires et circonspect dans ses propos, qui cultive la droiture en fréquentant les sages – celui-là, on peut vraiment dire qu’il aime l’étude. »

« On t’enseigne une chose, et tu es capable d’en déduire une autre. »

« Etudier sans réfléchir est vain, mais réfléchir sans étudier est dangereux. »

« Le vrai savoir, c’est de reconnaître qu’on sait ce qu’on sait, et qu’on ne sait pas ce qu’on ne sait pas. »

« ‘Pratiquez le piété filiale avant toute chose, ainsi que l’amour fraternel, et le gouvernement en bénéficiera.’ Cela aussi, c’est une façon de faire la politique. »

« Oh, les fossettes de son sourire charmant !
Oh le noir de ses beaux yeux ! »

« L’honnête homme envisage les choses du point de vue de la justice, l’homme vulgaire, du point de vue de son intérêt. »

« Quand vous rencontrez un homme vertueux, cherchez à l’égaler. Quand vous rencontrez un homme dénué de vertu, examinez vos propres manquements. »

« Gardez à l’esprit l’âge de vos père et mère : que cette pensée soit et votre joie et votre inquiétude. »

« Il était sensible, il aimait l’étude, et il ne rougissait pas de s’instruire auprès de ses inférieurs ; c’est pourquoi on l’a surnommé ‘le Civilisé’. »

« L’honnête homme est rond et jovial, l’homme vulgaire est pointu et lugubre. »

« Un homme qui étudierait trois ans sans penser à faire carrière – voilà qui se rencontre rarement. »

« Il est honteux de demeurer pauvre et obscur dans un pays bien gouverné ; il est honteux de devenir riche et honoré dans un pays mal gouverné. »

« Etudier, c’est comme courir après ce qui nous échappe, tout en craignant de perdre ce qu’on a déjà. »

« On peut priver une armée de son général en chef, on ne saurait priver le dernier des hommes de son libre arbitre. »

« S’il pensait vraiment à elle, il n’y aurait pas de distance qui compte. »

« ‘Je vous croyais mort.’ L’autre répondit : ‘Vous vivant, comment oserais-je mourir ?’ »

« un peuple sans foi ne saurait tenir debout. »

« Envoyer à la guerre un peuple qu’on a pas instruit, c’est l’envoyer à sa perte. »

« Autrefois on étudiait pour soi, aujourd’hui on étudie pour impressionner les autres. »

« Les flatteurs sont dangereux. »

« Qui ne se préoccupe pas de l’avenir lointain, se condamne aux soucis immédiats. »

« Qu’ils sont pénibles ces gens qui passent tout la journée en société, se bornant à faire des jeux de l’esprit, sans que leur conversation lève jamais une seule vérité ! »

« L’honnête homme enrage de disparaître de ce monde sans avoir illustré son nom. »

« ‘Y a-t-il un seul mot qui puisse guider l’action d’une vie entière ?’ Le Maître dit : ‘Ne serait-ce pas considération : ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fît.’ »

« Ceux dont le savoir est inné, constituent une catégorie supérieure. Puis viennent ceux dont le savoir fut acquis par l’étude. Puis ceux qui se sont mis à étudier parce qu’ils se trouvaient dans une mauvaise passe. Tout en bas, il y a les gens qui se trouvent dans une mauvaise passe, mais qui n’étudient pas. »

« La nature rapproche, la coutume sépare. »

« Seuls les gens suprêmement intelligents et les gens suprêmement bêtes ne changent pas. »

« Le culte de l’intelligence sans le goût de l’étude tourne à la frivolité. »

Les entretiens de Confucius - Confucius

Breakfast at Tiffany's - Truman Capote


« And I swear, it never crossed my mind about Holly. You can love somebody without it being like that. You keep them a stranger, a stranger who’s a friend. »

« It was a warm evening, nearly summer, and she wore a slim cool black dress, black sandals, a pearl choker. For all her chi thinness, she had an almost breakfast-cereal air of health, a soap and lemon cleanness, a rough pink darkening in the cheeks. Her mouth was large, her nose upturned. A pair of dark glasses blotted out of her eyes. It was a face beyond childhood, yet this side of belonging to a woman. I thought her anywhere between sixteen and thirty ; as it turned out, sha was shy two months of her nineteenth birthday. »

« They were large eyes, a little blue, a little green, dotted with bits of brown : vari-coloured, like her hair ; and, like her hair, they gave out a lively warm light. ‘I suppose you think I’m very brazen. Or très fou. »

« I can’t get excited by a man until he’s forty-two. I know this idiot girl who keeps telling me I ought to go to a head-shrinker ; she says I have a father complex. Which is so much merde. I simply trained myself to like older men, and it was the smartest thing I ever did. »

« I don’t want to own anything until I know I’ve found the place where me and things belong together. »

« it’s tacky to wear diamonds before you’re forty. »

« She was well over six feet, taller than most men there. They straightened their spines, sucked in their stomachs ; there was a general contest to match her swaying height. »

« Theys ay the more stupid you are the braver. »

« Her bedroom was consistent with her parlour : it perpetuated the same camping-out atmosphere ; crates and suitcases, everything packed and ready to go, like the belongings of a criminal who feels the law not far. »

« Holly and libraries were not an easy association to make. »

« Mille tendresses »

« I wondered what his name was, for I was certain he had one now, certain he’s arrived somewhere he belonged. African hut or whatever, I hope Holly has, too. »

Breakfast at Tiffany’s – Truman Capote

« How do you feel if you’re in love ? she asked. Ah, said Rosita with swooning eyes, you feel as though pepper has been sprinkled on your heart, as though tiny fish are swimming in your veins. »

« He was a ginger colour, his skin shiny as a lemon, smooth as a guava leaf, and the tilt of his head was as arrogant as the black and scarlet bird he held in his hands. Ottilie was used to boldly smiling at men ; but now her smile was fragmentary, it clung to her lips like cake crumbs. »

« Royal’s house was like a house of flowers ; wistaria sheltered the roof, a crutain of vines shaded the windows, lilies bloomed at the door. »

House of flowers – Truman Capote

« His voice with its Cuban accent was soft and sweet as a banana. »

« To be alive was to remember brown rivers where the fish run, and sunlight on a lady’s hair. »

A Diamond Guitar – Truman Capote

« Imagine a morning in late November. »

« Tomorrow the kind of work I like best begins : buying. Cherries and citron, ginger and vanilla and canned Hawaiian pineapple, rinds and raisins and walnuts and whisky and oh, so much flour, butter, so many eggs, spices, flavourings : why, we’ll need a pony to pull the buggy home. »

« They call him Haha because he’s so gloomy, a man who never laughs. »

« ‘My, how foolish I am !’ my friend cries, suddenly alert, like a woman remembering too late she has biscuits in the oven. »

A Christmas Memory – Truman Capote